Wednesday, December 4, 2013
Immobilier : une réglementation qui freine la rénovation.
Entrée en vigueur le 1er janvier 2013, la réglementation thermique RT 2012 fait chuter drastiquement les rénovations. - AFPLes constructeurs de maisons individuelles s’arrachent les cheveux. La réglementation thermique RT 2012, issue du Grenelle de l'environnement et entrée en vigueur le 1er janvier 2013, s’impose aux?agrandissements et aux surélévations de maisons représentant plus de 30 % de leur surface, un seuil vite atteint pour une maison de 90 mètres carrés. Or, selon François Turland, au cabinet d’études thermiques Bastide Bondoux, «?les exigences sont absurdes et font échouer 95 projets sur 100?». Comme, témoigne-t-il par exemple, celle qui «?pour ajouter des pièces sans point d’eau, comme une salle de jeux, exige des calculs de besoins fictifs d’eau chaude sanitaire?». Pour obtenir le feu vert réglementaire, il faudrait restructurer le système d’énergie de toute la maison... Autre aberration, les textes exigent qu’une pièce rajoutée soit étanche à l’air par rapport à la maison !?«?C’est la seule exigence que l’Etat a assouplie, non pas en la supprimant mais en sortant un texte exemptant de test de perméabilité à l’air les pièces reliées par une ouverture n’ayant pas la taille d’une porte standard. Résultat : il faut mettre une double porte à la pièce rajoutée, ça coûte moins cher qu’un test de perméabilité...?» soupire Gérard Le Flohic, directeur général de Phénix Evolution. Ce spécialiste de la rénovation de maisons a subi une chute libre de son activité en agrandissements (auparavant 40 % de son chiffre d’affaires) depuis janvier.Inadaptés, les textes l’étaient dès le départ. « Ils sont fait pour des logements neufs. Nous avions alerté le ministère du Logement avant leur adoption, puis à nouveau,depuis un an, le cabinet de Cécile Duflot et l’administration. En vain?», se désole Gérard Le Flohic. Un comble pour une ministre du Logement, qui insiste sur la nécessité de densifier l’habitat existant. Le seuil de 30 % de surface rajoutée, qui assujettit un agrandissement à la RT 2012 est inscrit dans la loi. Il faudrait donc au minimum le relever pour débloquer nombre de projets de ménages qui, faute d’avoir les moyens d’acheter un autre logement, veulent s’agrandir. Le congrès annuel de l’Union des Maisons Françaises, qui fédère les constructeurs et s’est réuni vendredi et samedi à Lisbonne, a par ailleurs été l’occasion d’un tout premier retour d’expérience sur la RT 2012 appliquée aux logements neufs. Celui-ci montre d'autres incertitudes. Une étude sur neuf mois de plusieurs milliers de maisons par les cabinets d’études thermiques Bastide Bondoux, ETC et AET Loriot, a notamment révélé qu’en matière de chauffage, le poêle à bois (à granulés) était souvent l’option privilégiée, même si «?on sent qu’elle baisse depuis quelques semaines?», note François Turland. Le mécontentement des clients, lui, monte. Le poêle à bois, utilisé seul, peine en effet à chauffer les pièces les plus éloignées (les chambres) et la chaleur n’est pas uniforme. «?Le risque, c'est que les occupants branchent des convecteurs électriques dans les chambres, au détriment des économies d'énergie, poursuit François Turland. Il y a aussi un risque de montée des contentieux?», l’obligation réglementaire faite aux constructeurs d’assurer 19 degrés au centre des pièces n’étant pas assurée.
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