Tuesday, November 5, 2013

Comment flinguer le placement logement : Immobilier

« Hotelier, un bon bizness | Page d'accueil


L'enquête, révélée ce matin, de la banque UFF auprès des clients patrimoniaux (ceux qui ont plus de 450 000 euros d’avoirs immobiliers et financiers, résidence principale comprise) le résume bien : 85% de ceux auxquels les conseillers financiers ont expliqué le fonctionnement et la rentabilité du placement immobilier locatif Duflot ont aussitôt renonçé à cet investissement.

Renoncer après explication : c'est donc le signe d’une réaction réfléchie. Rien à voir, par conséquent, avec la personnalité de la ministre du logement, dont la cote est pourtant en chute libre. C’est même l’avant dernière personnalité politique, gauche et droite comprises, avec une cote de 6,43%, nous apprend un sondage révélé il y a quelques jours et réalisé par l’Internaute en septembre dernier. Pourtant, la ministre est sans doute le meilleur moyen de flinguer le secteur. Ses décisions et ses propos ont fait chuter à la fois les constructions de logements sociaux et celles de logements neufs, dans des proportions qu'on n'avait plus vues depuis longtemps. Comme le rappelle très bien Alain Dinin, le PDG du promoteur Nexity (dont les ventes ont reculé de 4% au premier semestre) : « Mme Duflot vient dire aux bailleurs : je vais baisser votre loyer, vous mettre une nouvelle taxe, augmenter les impôts fonciers, les droits de mutation, les honoraires facturés au propriétaire. Après tout cela, pourquoi iriez-vous investir dans l'immobilier locatif ? »

De fait, les chiffres parlent : les acheteurs d’immobilier neuf locatif sont devenus une espèce en voie de disparition. Jugez plutôt : en 2010, ils étaient encore 72 000 à acheter pour mettre en location (en Scellier). En 2011, ils n’étaient déjà plus que 58 000. En 2012, il en restait encore 32 000. Et cette année, il y aura sans doute moins de 30 000 logements locatifs neufs vendus en France…

La contagion gagne l’ancien. Les investisseurs représentent en moyenne 16% des acheteurs. Soit, sur 800 000 ventes en 2011, environ 130 000 ventes. L’an dernier, ils étaient moins de 100 000. Et cette année, si l’on en croit les propos de Luarent Vimont, président de Century21, ils seront encore moins nombreux. Son réseau(plus de 900 agences)  a constaté un net repli, de 5.8%, de la part des investisseurs dans les achats d’immobilier ancien entre le 3ème trimestre 2012 et le 3ème trimestre 2013. « La proportion des investisseurs parmi les acquéreurs avait déjà diminué de -5,2% sur douze mois tandis qu’au 1er semestre 2013 elle reculait de -6,1%. Pour Laurent Vimont, les investisseurs sont « effrayés, sinon écœurés, par le carcan législatif que la ministre de l’Egalité des Territoires et du Logement, instaure à coup de taxations, annonces de réquisition et autres contraintes apportées par le projet de loi ALUR. Ils ce reportent massivement (+19% sur un an) sur l’immobilier d’entreprise et de commerce.

Depuis 2011, le gouvernement a donc créé un déficit de mise en location de  81 000 logements dans l’ancien (en comptant les logements qui n’étaient pas locatifs et qui le devenaient auxquels s’ajoutent les résidences principales qui devenaient locatives) et d’une trentaine de milliers dans le neuf. Soit 110 000 logements qui ne seront pas mis en location.

Au Congrès de l’USH (les HLM), il y a quelques jours, Cécile Dufot déclarait : « nous n’avons pas le droit d’échouer dans la bataille de la construction ». C’est déjà fait : les loyers n’augmenteront sans doute pas grâce à la loi ALUR, mais les locataires auront de moins en moins de logements à leur disposition et la sélection à l’entrée sera encore plus sévère, privant ainsi de toit les ménages les plus fragiles.

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